Nexus / Sexus

mardi 28 mars 2006

LITTÉRATURE CHINOISE

Le sublime discours de la fille candide
Manuel d’érotologie chinoise
Traduction André Lévy
Edts Picquier

La vie sexuelle dans la chine ancienne
R. van Gulik
Edts Gallimard

La chambre jaune sans mystère
Edts You Feng

Nuages et pluie au palais des Han
Edts Picquier poche

Le pavillon des jades
Edts Philippe Picquier

Les écarts du prince Hailing
Edts Picquier poche

Amour et rancune, les miroirs du désir
Edts Philippe Picquier

Moines et nonnes dans l’océan des péchés
Edts Picquier poche

De la chair à l’extase
Li Yu
Edts Picquier poche

Du rouge au gynécée
Edts Picqier poche

Histoire hétérodoxe d’un lit brodé
Lü Tiancheng
Edts Picquier poche

Le moine mèche de lampe
Edts philippe Picquier

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NATURE ET ÉROTISME

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L’érotisme... Cette douce et violente attirance de deux corps et j’ajouterai des esprits l’un pour l’autre. Cette mise en scène spontanée du désir réciproque qui brûle les ventres et pousse hors de soi vers l’Autre. Je crois que la Vie est érotique. Intrinsèquement.

Il suffit de regarder la Nature. Partout, dans toutes les espèces tant soit peu dotées d’intelligence, ce n’est que parade amoureuse. S’il ne s’agissait que de reproduction, il n’y a aurait sans doute pas besoin de tant de manières! Reproduisons nous et n’en parlons plus. Au but, tout de suite et basta! Mais non. La Nature elle même a voulu que cela devienne un art. Elle a fait de l’acte sexuel une oeuvre d’art. Accouplement de libellule, parade nuptiale d’oiseaux, cour du lion à la lionne, tout est d’une beauté à couper le souffle. Et dire que certains osent prétendre que l’érotisme est bestial! Quelle blague! Où est donc la beauté dans leurs tristes et furtifs coïts. L’érotisme est beau parce qu’il est au cœur de la Nature et que la Nature est belle. Les animaux ne l’ont pas oubliés. Il faut être un humain pour l’oublier. L’animal se laisse aller à cette ivresse du jeu de séduire et d’être séduit, de se découvrir du bout de doigts, du bout des lèvres, de dénuder et d’être dénudé, de découvrir l’autre et d’être découvert avant de sentir enfin ce corps tant désiré contre le sien. L’être humain a lui aussi ses parades amoureuses. Pourquoi ne les joue - t - ils pas plus souvent et mieux? D’autant qu’il n’y a pas de règle, pas de loi. Tout ne peut se passer que dans la liberté, la spontanéité.

Oui, l’érotisme, c’est la Nature. C’est la Vie elle même, dans sa plus belle expression. N’en déplaise aux religieux de tous poils, et nul besoin d’aller chercher chez les voisins. On a les nôtres. Grands inquisiteurs fourvoyeurs de bûchers. On brûle les sorcières, bien plus que de sorciers d’ailleurs, la femme étant devenue à leurs yeux la parfaite incarnation de ce démon qu’ils voyaient partout. Mais tout près de nous, il en est qui ont jeté une grenade dans un cinéma qui projetait ce film merveilleux qu’est “La dernière tentation du Christ”. Il ose, suprême péché, horrible blasphème, le représenter comme un homme de chair qui, dans sa chair, désirait violemment une femme de chair, au moment même où il est en train de mourir. Leur dieu est asexué. Non, pire, ils l’ont châtré. Pourtant, si leur dieu créateur existe, c’est un déesse. Sans nul doute. Pourtant, paradoxalement le fait religieux a donné naissance à des œuvres érotiques. Voire les vierges à l’enfant de la Renaissance italienne ou le David de Michel Ange. Il y en a de pleines galeries au Louvre. Oh, ces “vierges” au sein rond, magnifiquement galbé! Elles valent bien la triste Joconde à laquelle, pardonnez - moi, je ne trouve aucun charme.

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LES AMANTS ENDORMIS

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LES AMANTS ENDORMIS

Toute la nuit, il leur a poussé des ailes.
Maintenant ils dorment.
Et je vous jure bien qu'ils sont beaux.

Beaux de fragilité autant que de force,
D'étrange légèreté, alourdis qu'ils sont,
Dans cette nudité abandonnée à la tiédeur d'un sommeil d'amants,
D'amants apaisés,
D'amants épuisés de trop de chaleurs échangées,
De trop de caresses dans tous les sens, d'étreintes et de baisers,
De semence de l'autre récoltée par chacun en lui - même,
La main sur l'autre, posée là, comme pour protéger l'innocence
Du parfait sexe jumeau pareil au sien.

De tous les muscles de leurs jambes démêlées,
Ils ont largué les amarres loin du vulgaire
Toujours rapide au rire excrémentiel
Quand il lapide par l'ordure du mépris et de l'insulte.
mais ces deux là se sont aimés, s'aiment et s'aimeront.
Envers et contre tout et malgré tout.

Et moi, je vous le jure,
Ils sont beaux.

Parce qu'ils se désirent, parce qu'ils s'aiment,
Parce que du désir ils ont fait naître l'amour.
Comme de la graine naît la fleur.
Et cela est rare. Et cela est précieux.

Et pour cela,
Je vous le jure,
Ils sont beaux.

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LES BIJOUX

LES BIJOUX

La très chère était nue et, connaissant mon cœur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et serins;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe!

- Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre.

Ch. Baudelairea_la_terre1___copie

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Je te salue, ô vermeillette fente...

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Le vieux Ronsard! Un sacré l'abbé!

Je te salue, ô vermeillette fente...

Je te salue, ô vermeillette fente,
Qui vivement entre ses flancs reluis;
Je te salue, ô bienheureux pertuis,
Qui rend ma vie heureusement contante!

C’est toi qui fais que plus ne me tourmente
L’archer volant qui causait mes ennuis;
T’aiant tenu seulement quatre nuits,
Je sens ma force en moi déjà plus lente.

O trou, trou mignard, trou velu,
D’un poil follet mollement crépelu,
Qui à ton gré domptes les plus rebelles;

Tous ces vers galants devaient, pour t’honorer,
A beaux genoux te venir adorer,
Tenant au poing leurs flambante chandelles.

Pierre de Ronsard.


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