mardi 6 janvier 2009
Lettre virtuelle
Je vous envoie, Madame, les mots fous de mes rêves, à cueillir sur ma peau quand le temps vous viendra. Vous les lirez peut être si vous avez l’envie. Votre âme en rougira sans doute. Votre corps frémira et vous dira “poursuis”. Durant votre lecture, souvenez - vous que seuls les mots du corps font vibrer ce que certains appellent l’âme. L’âme qui au fond n’est que chair.
Je ne sais rien de vous, sauf ce que j’en imagine. Rien d’autre que quelques mots qui ont traversé l’espace internautique. Vous n’avez livré qu’un pseudo et la lumière de vos yeux. Je vous ai livré mon prénom. Je vous ai ouvert mes poèmes. Vous me connaissez donc mieux que je ne vous connais. Mais peu importe au fond. Puisque pour l’instant nous ne sommes l’un pour l’autre qu’un rêve. Et cela va nous offrir à vivre de délicieux moments. Un jour peut être le ciel nous réunira. Qui sait alors ce que nous sera la réalité? Vivons le rêve. N’est - il pas la première force de vie, notre formidable énergie vitale? Il serait, vous me l’accorderez stupide de s’en priver. D’autant que le plaisir nous en est grand.
En attendant ce jour, ou qui sait cette nuit, n’ayez pas peur de moi. Vous me dites que mes mots vous sont doux. Vous aimez mes poèmes. D’autres viendront pour vous. Ils vous raconteront mes songes. Et ils seront charnels, je vous en préviens. Sachez que je veille aussi à la douceur de mes mains faites pour la caresse. Je ne mords ni ne griffe. C’est une femme jadis, la première de toutes, qui m’a appris cette inépuisable patience des longues caresses.
Vous me laissez entendre que vous aimeriez me serrer dans vos bras, que je vienne me coucher sous votre couette. Voilà qui excite chez moi une imagination que l’on me reconnaît fertile! Et vous me précisez qu’à cette idée vous êtes troublée. Voilà qui m’encourage vous troubler davantage, à vous tenter. Et je vais m’y efforcer, espérant que peut être, en me lisant, vous laisserez votre main glisser en bas de votre ventre, vous vous caresserez jusqu’à la jouissance. Ce serait là la plus belle lettre d’amour que vous pourriez m’adresser! Soyez en sûre.
J’ai envie de vous et à cette seule pensée mon sexe durcit, gonfle se dresse. Je suis affamé de vous, le cœur battant aux tempes, le souffle affolé, consentant d’avance à toutes vos fantaisies et supposant que vous accédez à toutes les miennes.
Nous sommes là, amants uniques dans leur attente comme nous le serons dans nos jeux. Et même si ce n’est pas vrai, il faut croire à cette légende du premier matin du monde. Noyés dans le regard de l’autre nous nous déshabillons avec une douceur, une retenue qui ne sont que la timidité des nouveaux amants. Lentement nous nous découvrons, mieux, nous nous dénudons l’un pour l’autre, surpris, ravis, tremblants et comme toujours la première fois, quelque peu maladroits. Nous en sourions, étonnés d’être restés, malgré les ans et les amours passés, si inexpérimentés. L’âge n’a pas entamé notre fraîcheur. Totalement nus, nous restons ainsi un long moment, immobiles, à l’écoute du seul bonheur de l’instant suspendu. Nous nous nourrissons de sa saveur, de son odeur. Le seul contact des peaux nous procure un frisson de bonheur indicible.
Je m’écarte de vous et j’y dépose de furtifs baisers. Dans votre nuque, le long de votre colonne vertébrale jusqu’à la naissance de vos fesses, sur votre flanc et je recommence en sens inverse mais en vous léchant de larges coups de langue. Dans vos cheveux, je me saoule de leurs fragrances. Ça sent la pomme verte et un discret parfum de poivre. Ils se transforment rapidement en une broussaille désordonnée sous laquelle je vous mordille la nuque et derrière les oreilles. Quelques frissons légers vous parcourent. J’en jouis.
Je rejette la couette au loin et vous m’apparaissez dans toute votre nudité triomphante. Que vous le sachiez ou non, et vous l’ignorez probablement, vous êtes superbe. Je n’ai pas assez de mes deux yeux pour vous admirer mon cher amour. Par le ciel que vous êtes belle et désirable! Me pouvant vous embrasser toute entière, je vous découpe sans vous toucher, mais le regard brûlant. Votre dos, vos fesses, vos cuisses, le creux poplité de vos genoux, les mollets, les pieds. Je vous tourne et là, votre visage, vos seins jumeaux, votre ventre, vos genoux, vos jambes. Y a - t - il une seul endroit où je n’ai jamais passé les doigts, les lèvres, la langue et même le sexe? Mais il y a surtout le triangle sombre de où se cache la fente suintante de votre corps. Avec quelle joie je l’empaume, je m’y abouche pendant que vous me prenez entre vos joues. Quand vous jouissez ainsi vous êtes femme fontaine et je lape à l’envie les sucs lourds et gluants qui coulent dans votre orgasme. Et je ne parle pas du sillon de vos fesses où parfois vous décider de m’arrimer. Plaisir rare et précieux. toujours inattendu.
Quelle merveille qu’un corps de femme! Quelle merveille que le corps de la femme que l’on désire! Quelle extraordinaire pureté d’architecture! Je n’en reviens pas. Et moi, j’ai le privilège de pouvoir le caresser, l’aimer, de pouvoir m’y planter comme un arbre dans sa terre. vous êtes ma terre, je suis votre arbre.
Et Nous nous unissons, ma racine dans votre humus humide, à moins que ce soit l’inverse, allez savoir, dans lequel je me glisse. Et nous y faisons germer, pousser, s’épanouir dix mille fleurs de joie et de plaisir jusqu’à notre commune éclosion finale, perdus dans un monde sans autre forme que celles de la lumière. Nous savons l’art fou de trouver notre extase en cherchant celle de l’autre. Nous ne sommes pas adeptes des grands coups de reins brutaux, mais d’amples et larges mouvements de bassin qui nous transforment chaque fois davantage en boule de désir. Vous êtes le haut fourneau et je suis le métal en fusion qui se coule en vous pour vous brûler les entrailles d’une délicieuse déchirure. Rien ne nous est interdit dans nos jeux amoureux. Tout nous est permis. Nous ne nous refusons jamais rien. Nous inventons mille et mille variations de cette symphonie amoureuse. Notre imagination ne connaît pas de limite. Tous les décrire ici relève de l’impossible. En fait, pour nous, c’est toujours la première fois d’amants qui se connaissent, se reconnaissent sans même se toucher. Enfin, vous sentir palpiter dans vos muqueuses en vous accrochant très fort à moi pour qui c’est parfois à la limite de la douleur. Vous jetez alors un cri rauque destiné au ciel qui nous couvre. Calmée, vous me suppliez de venir mêler ma jouissance à la votre. Je ralentis alors le rythme et amplifie mes mouvements. Je sens la semence monter de très loin dans ma verge pour venir, dans une explosion de volcan, inonder le profond de votre intimité.
Vous vous recouchez sur le ventre et je pose la main sur vous pour l’y laisser aller selon son inspiration. Je ne la contrôle plus. Elle vient, elle vient, elle vole, effleure, appuie sa caresse, trace de mystérieux signes kabbalistiques. Ma main folle de vous est vive, légère. Je veille à ce qu’elle ne vous soit jamais pesante. Suggérer, juste suggérer tous les possibles que je laisse à votre convenance.
Le désir nous a pris. Un désir très doux, sans violence. Il s’est introduit en nous, entre nous, sans que nous n’y prenions garde. Le bas de votre ventre est trempé et le mien porte une éloquente dureté dressé à votre gloire. Longue et lente plongée dans le regard de l’autre. Intense dialogue muet dans lequel nous échangeons dix mille choses impossibles à verbaliser. La communication silencieuse possède un champ infiniment plus vaste que la parole. J’ai envie de toi avec les yeux est autrement plus puissant que n’importe quel mot. C’est là un domaine réservé aux amants de talent que nous sommes.
Mais ce soir, vous êtes fatiguée. Nous en resterons là et nous nous endormirons heureux et reconnaissant que l’autre existe parmi les milliards d’habitants qui courent sur notre bonne vieille planète. Demain matin, sans doute, vous me réveillerez avec vos doigts, avec vos lèvres, avec votre vulve affamée de moi. Vous fermez les yeux sur un dernier baiser, presque chaste.
A demain.
Dix mille baisers fous et dix mille fleurs.
Votre Prince.
Commentaires
Magnifique
Bonjour François,
Quelle lettre magnifique !!! Tu écris toujours aussi bien....
C'est un pur délice que de la lire...
Amicalement
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