Nexus / Sexus

Éros est un dieu libertin et anar qui prend plaisir à semer le désordre dans le coeur des hommes, se jouant de leurs lois pour n'en respecter qu'une seule, celle de l'Amour et du Sexe, cette grande force créatrice dont il est question ici.

mardi 3 mars 2009

LE PAÏEN INITIÉ 2

Présente et active dès la naissance, et qui sait, déjà dans le ventre de la mère, la sexualité est une composante essentielle, nécessaire de l’épanouissement personnel. Elle impulse la maturation de l’enfant et préside à la transformation de l’être. Elle est bien plus qu’un comportement réduit à une simple génitalité. Elle est un mode de pensée, le moteur de la pensée, comme de toutes les activités minérales, végétales, animales, humaines.

Alors, aux ordures, le vieil idéal ascétique, la misogynie, la haine du corps, la condamnation de la chair et de ses exigences, le pouvoir absolu du mâle, le mépris de la femelle, le désintérêt de son plaisir! Je ne veux vivre, depuis longtemps et jusqu’à la fin de mes jours, un éros ludique, léger, solaire, dans la liberté amoureuse, la chair sans culpabilité, une égalité naturelle. Aux ordures, le vieux fantasme du corps séraphique diffusant ses effluves de sainteté, le mythe de la belle âme dans un corps d’avorton, cadavre en puissance! Aux ordures la chasteté, la continence, la virginité! Il est temps d’ouvrir les portes et les fenêtres à la vie.

Comme je ne crois ni à dieu ni au diable, je ne crois ni à l’âme ni à l’esprit. Je ne crois qu’au corps et à ses sensations. Contre le mépris de ce dernier, je prêche pour la prise en compte des sens, des passions, de la chair. La pensée elle - même émane du corps et de ses sensations. Il n’est donc pas de pensée viable dans un corps martyrisé aux sensations refoulées par ce que le grand Nietzsche appelle “l’idéal ascétique”. Note d’humour : lorsque nos compagnes prétendent que nous pensons avec notre pénis, elles n’ont certainement pas tort. Elles oublient simplement qu’elles pensent avec leur ovaires!

Prétendre que l’érotisme est l’apanage de la sexualité humaine et qu’il apporte à la pulsion une dimension morale est non seulement une imbécillité, mais aussi la preuve d’une ignorance totale de la Nature humainement recréée, en fait déformée par leurs extravagances, par  les mutilés du ventre. La Nature est, par ... nature, érotique et elle n’a aucune morale. La Nature est par essence jouisseuse. Et tout ce qui existe procède, est animé par cette volonté de jouissance. Comme elle est commune à tous, je peux moi, humain, jouir avec une pierre, une fleur, un arbre, un animal, avec l’eau, le vent, le ciel, la terre. Comme avec l’une de mes semblables. Le plaisir est le même, seule change la forme. La sexualité est la modalité essentielle de notre rapport avec la Nature.

Et c’est avec le corps de l’Autre et le nôtre, autrement dit, la matérialité, que nous établissons un rapport privilégié au monde, que nous pensons le monde, que nous agissons au monde. Cela signifie que notre relation à l’Autre étant par essence érotique, notre relation au monde est, ipso facto, érotique. L’idéal ascétique, contempteur du désir, fausse cette relation au monde. Nous ne pouvons avoir de rapport équilibré au monde sans avoir une sexualité épanouie et épanouissante. Et sans ce rapport équilibré au monde, nous ne pouvons avoir de rapport harmonieux à nous - mêmes.

En ce qui me concerne, je me suis réconcilié avec moi - même et avec le monde le jour où je me suis accepté comme un être sexué, muni d’un phallus et quand j’ai simultanément accepté l’Autre comme un être sexué accueillant le phallus dont je suis porteur. Entre cette Autre et moi a pu alors se mettre en place et se développer une relation dans laquelle le désir ne m’est jamais manque mais plénitude. Il n’est pas vide à combler puisqu’il est virilité et féminité pleinement assumées et  auxquelles est intégrée et assumée une parcelle de son contraire. Il n’est donc plus  vécu comme une nécessité désespérante parce qu’impossible à satisfaire. Je n’ai pas à courir désespérément après ce mythique amour parfait, fusionnel, éternel, incorruptible parce que désincarné, inaccessible, source de malheur, de souffrance, de névrose. Comme d’autres leur jardin, je n’ai plus qu’à cultiver l’Art d’aimer, qui est aussi l’art de la séduction de l’Autre, élue, choisie qui m’a élu, choisi. “Le désir est la graine, l’amour est la fleur.” Il nous suffit simplement de cultiver l’Autre, non seulement différent mais parfaitement différencié, elle c’est elle et moi c’est moi. Notre seule histoire commune est la patiente, attentive et vigilante mise en scène de notre désir, de notre amour et de notre plaisir. Malgré une éducation marquée par les contempteurs du corps, du désir, du plaisir, malgré la triste pornographie ambiante, malgré le temps qui passe et l’âge qui avance, je conserve une vision joyeuse, lumineuse, du sexe et de la sexualité.


Le_baiser1

Posté par francoisdalayrac à 14:29 - ÉROS EN DIRECT - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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