Nexus / Sexus

Éros est un dieu libertin et anar qui prend plaisir à semer le désordre dans le coeur des hommes, se jouant de leurs lois pour n'en respecter qu'une seule, celle de l'Amour et du Sexe, cette grande force créatrice dont il est question ici.

mercredi 22 juillet 2009

LES LOUVES III

Pendant qu'elles s'enlacent, la meute se rapproche, rétrécissant le cercle. Des dizaines d'yeux comme autant de bougies illuminent une nuit subitement devenue opaque. La Femme est dans un état second d'halluciné. Une boule de glace ardente s'empare d'elle, l'enserre entre ses tentacules. La Bête est douce et soyeuse. Voluptueusement frissonnante. Sa vulve ouverte, aux muqueuses violacées dégage une forte odeur d'humus. La Femme la caresse avec tendresse tandis que la Bête lui lèche le corps de sa langue un peu râpeuse. Elles se perdent l'une en l'autre dans une danse étrange, quasi mystique. Elles y fusionnent dans un amalgame qui les unit au ciel, à la terre, à toutes les créatures vivant sur cette planète, jusqu'au minéral qui en résonne. La Femme s'écarte et contemple le sexe de la Louve, se fraie de la langue un chemin entre les lèvres ruisselantes. Si elle le pouvait, elle se métamorphoserait en un phallus immense pour la remplir, la posséder, s'approprier son animalité. Elle se recouvre des sucs qui en coulent. Elle s'en repaît. Elle en est ivre, à la limite de l'anéantissement. La Louve gémit doucement, le museau dans la mousse. Au grognement du mâle, elle se dégage d'un coup de reins et tend sa croupe offerte, impatiente. Le bras de la Femme la pénètre sans douceur, va et vient jusqu'au coeur de l'animal. La Louve s'abandonne jusqu'à ce qu'elle jette un long feulement vers la lune et s'affale en faisant en faisant crisser les feuilles.

Temps de pause.  Mais le jeu n'est pas terminé. A l'image de la nature, la Femme est toujours au  paroxysme de l'excitation. La meute retient son souffle. En attente. La Louve se redresse et s'éloigne de la Femme prête à la pénétration du mâle. Elle comprend alors qu'elle ne mènera plus le jeu, qu'il n'est pas de retour en arrière possible, qu'il lui faut subir la loi de l'animal. Elle est prête à tout. Sans condition. Son instinct la pousse à sacrifier son humanité à ce demi dieu à la fourrure blanche.





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Le Loup, tout près maintenant, la transperce de son regard d'acier. Et elle se met à danser pour lui. Étrange ballet dans lequel elle se lâche dans une lubricité qu'elle ne soupçonnait pas. Elle n'est plus que la femelle qui implore le mâle. Elle glisse, elle rampe, elle ondule, se couche, plie et détend sa nudité pour l'ériger comme un appel hurlé à l'accouplement. A genoux, rejetée en arrière, elle lui présente son sexe dévasté d'un feu qui transcende toute frontière entre les êtres vivants. Elle a envie de lui, de sa meute, des arbres, des herbes, des fleurs, des astres, de la terre, des nuages, qu'ils la prennent, la possèdent. En s'unissant au Loup, elle veut copuler avec la nature entière, la faire jouir et en jouir. Jamais encore, elle ne s'est sentie à ce point en gésine de désir, de plaisir, toute entière dominée par un sexe qui bande. Ce phallus qui étincelle comme un poignard est prêt pour sa mise à mort. Elle n'en éprouve aucune crainte. Dans le monde où elle est, la mort n'existe pas. La vie, dans l'unité de sa multiplicité s'est emparé d'elle et elle en vibre, en gronde, comme un volcan au bord d'un grand débordement qui va tout ravager pour que tout en renaisse. Peu lui importe que qui adviendra.

Posté par francoisdalayrac à 12:26 - Nouvelles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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