mardi 28 mars 2006
NATURE ET ÉROTISME
L’érotisme... Cette douce et violente attirance de deux corps et j’ajouterai des esprits l’un pour l’autre. Cette mise en scène spontanée du désir réciproque qui brûle les ventres et pousse hors de soi vers l’Autre. Je crois que la Vie est érotique. Intrinsèquement.
Il suffit de regarder la Nature. Partout, dans toutes les espèces tant soit peu dotées d’intelligence, ce n’est que parade amoureuse. S’il ne s’agissait que de reproduction, il n’y a aurait sans doute pas besoin de tant de manières! Reproduisons nous et n’en parlons plus. Au but, tout de suite et basta! Mais non. La Nature elle même a voulu que cela devienne un art. Elle a fait de l’acte sexuel une oeuvre d’art. Accouplement de libellule, parade nuptiale d’oiseaux, cour du lion à la lionne, tout est d’une beauté à couper le souffle. Et dire que certains osent prétendre que l’érotisme est bestial! Quelle blague! Où est donc la beauté dans leurs tristes et furtifs coïts. L’érotisme est beau parce qu’il est au cœur de la Nature et que la Nature est belle. Les animaux ne l’ont pas oubliés. Il faut être un humain pour l’oublier. L’animal se laisse aller à cette ivresse du jeu de séduire et d’être séduit, de se découvrir du bout de doigts, du bout des lèvres, de dénuder et d’être dénudé, de découvrir l’autre et d’être découvert avant de sentir enfin ce corps tant désiré contre le sien. L’être humain a lui aussi ses parades amoureuses. Pourquoi ne les joue - t - ils pas plus souvent et mieux? D’autant qu’il n’y a pas de règle, pas de loi. Tout ne peut se passer que dans la liberté, la spontanéité.
Oui, l’érotisme, c’est la Nature. C’est la Vie elle même, dans sa plus belle expression. N’en déplaise aux religieux de tous poils, et nul besoin d’aller chercher chez les voisins. On a les nôtres. Grands inquisiteurs fourvoyeurs de bûchers. On brûle les sorcières, bien plus que de sorciers d’ailleurs, la femme étant devenue à leurs yeux la parfaite incarnation de ce démon qu’ils voyaient partout. Mais tout près de nous, il en est qui ont jeté une grenade dans un cinéma qui projetait ce film merveilleux qu’est “La dernière tentation du Christ”. Il ose, suprême péché, horrible blasphème, le représenter comme un homme de chair qui, dans sa chair, désirait violemment une femme de chair, au moment même où il est en train de mourir. Leur dieu est asexué. Non, pire, ils l’ont châtré. Pourtant, si leur dieu créateur existe, c’est un déesse. Sans nul doute. Pourtant, paradoxalement le fait religieux a donné naissance à des œuvres érotiques. Voire les vierges à l’enfant de la Renaissance italienne ou le David de Michel Ange. Il y en a de pleines galeries au Louvre. Oh, ces “vierges” au sein rond, magnifiquement galbé! Elles valent bien la triste Joconde à laquelle, pardonnez - moi, je ne trouve aucun charme.
mardi 4 avril 2006
Lancement
Bonjour,
Il est une force universelle.
Nous créons notre Vie, nous nous créons et recréons sans cesse, dans un mouvement perpétuel par cette formidable énergie vitale, appelée Libido, Éros, Amour, Érotisme,...
Toute création émane de cette force universelle qui anime et unit les uns aux autres tous les êtres vivants, du protozoaire à Einstein en passant par votre modeste serviteur. C’est la graine qui germe, la fleur qui éclos, l’enfant qui naît, mais aussi Lascaux et la Chapelle sixtine, Beeethoven et Les Beattles... C’est aussi elle qui pousse deux êtres l’un vers l’autre pour fusionner dans un fondu enchaîné d’orgasme.
Éros. Éros est un dieu libertin et anar qui prend plaisir à semer le désordre dans le cœur des hommes, se jouant de leurs lois pour n'en respecter qu'une seule, celle de l'Amour et du Sexe, cette grande force créatrice dont il est question ci dessus. Débarrassée des conceptions culpabilisantes du péché judéo - chrétien ou des constructions obscures et névrotiques du mental freudien.
C’est pourquoi je vous invite à la cultiver comme une plante rare et précieuse sur mon blog.
Vous trouverez l’essentiel de mon profil en cliquant sur ma photo.
Bienvenue à tous et toutes dans la liberté la plus totale, la plus grande tolérance. Seule censure, les dépôts à caractères racistes, injurieux, pédophiles, ... Je me réserve en effet le droit de supprimer tout ce qui porte atteinte à la dignité humaine et viole les lois de notre société.
http://nexussexus.canalblog.com/
François d’Alayrac / 04 avril 2006
jeudi 25 mai 2006
LA RÉVOLUTION SEXUELLE
LA RÉVOLUTION SEXUELLE
La révolution sexuelle! Comme toutes les révolutions, elle nous a promis des lendemains qui chantent et nous y avons cru. Des siècles d’oppression allaient être balayés. Du passé nous allions faire table rase. Bref, l’heure de la liberté du désir et du plaisir venait de sonner. On avait légaliser la contraception, mai 68 avait faut sauter tous les couvercles. C’en était bien fini de la morale bourgeoise de la France gaullienne. Vive l’amour libre! On allait définitivement terrasser l’ordre moral dans une joyeuse anarchie voluptueuse dans laquelle on ne se refusait aucun plaisir. Les tabous tombaient. La société enfin acceptait l’homosexualité, le saphisme, le transsexualisme. On reconnaît le droit au désir et au plaisir des femmes. Les adolescents avec la bénédiction des adultes ne se cachaient plus pour s’aimer et faire l’amour. On baignait délicieusement dans une fraîche naïveté. Le plaisir sexuel se démocratisait. Priorité absolue de l’orgasme pour tous. Et pourtant....
Nous ne savions pas que nous vivions ce moment de folie pas si douce entre pilule et SIDA. Nous ne nous sommes pas aperçu que nous théorisions l’amour libre comme un dogme. La révolution sexuelle devait créer l’Homme nouveau. Idée dangereuse commune à tous les systèmes totalitaires. Dans un discours fumeux qui s’appuyait sur les élucubrations de Freud et de Reich nous expliquions le nazisme, le fascisme, le stalinisme comme une impuissance à jouir. Le sexuel devenait politique. Et un bon révolutionnaire devait faire l’amour le plus souvent possible en multipliant les partenaires. Érection / insurrection! L’émancipation individuelle ne passait plus par les luttes sociales mais par le lit.
Bien sûr, exit le mariage. Bon, ce n’était pas le plus grave. Je n’ai jamais eu la moindre sympathie pour cette institution. Mais le couple en soi était une abomination. Le sentiment amoureux était ignoble. Polygamie et polyandrie obligatoires. Il était impensable de vouloir être fidèle. “Je t’aime” était une obscénité que l’on avait remplacé par “je veux te baiser”. Les délicieux rituels de la séduction étaient considérés comme hypocrisie bourgeoise contre révolutionnaire.
En fait, le sexe se collectivisait et toute possibilité de choix nous était interdite. Notre corps appartenait au groupe. Il était interdit de le refuser à qui voulait le prendre. Les séances d’analyse succédaient aux séances d’auto critique. Celui ou celle qui se refusait à cette sexualité débridée n’était qu’un résidu de la bourgeoisie, un social traître, une épave réactionnaire. Dans un stalinisme des caleçons, dans la dictature de l’orgasme, obligatoire, le sexe n’était plus que contrainte et toute méthode d’intimidation, de culpabilisation était bonne. Les temps de l’innocence étaient bien révolus sous la férule des Fouquier - Tinville du sexe au discours terriblement normatif.
Non, le grand soir n’a pas eu lieu. Le discours de la révolution sexuelle fut trop souvent brutal. Et comme dans toutes les guerres, toutes le révolutions, les femmes furent les premières victimes. Car cette révolution tournait essentiellement autour du phallus, merci Freud, et nos virils révolutionnaires ont continué à claquer la sexualité sur une mécanique orgasmique éminemment masculine et qui consiste en une simple satisfaction de la pulsion. Les femmes y sont restées des objets manipulables à loisir à l’entière disposition des mâles en ruts, soumises à leurs seuls désirs. En cela la révolution sexuelle n’a pas eu lieu.
Mais peut - elle seulement avoir lieu? L’amour, le sexe ne sont pas politiques. Ils ne sont pas collectivisables. On ne peut pas les théoriser sans retomber dans un système coercitif. La sexualité n’est pas devenue plus libre, plus joyeuse. Elle est restée anxiogène. Le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Les hommes ont les pires difficultés d’identité. Les femmes ne sont pas plus heureuses. La guerre contre nature des sexes perdure. L’ordre moral, profitant du SIDA repointe le nez effrontément.
L’illusion du départ est perdue. Nous n’y avons pas rejoint l’innocence naturelle du sexe. Cette révolution n’a pas libéré l’individu. Pire, le sexe, chose naturelle s’il en est, source de plaisir et de joie de vivre, acmé de la relation amoureuse, en est perverti. La mode y est à la zoophilie, scatophile, urophilie, au sado - masochisme. Tout y concourt à l’humiliation de l’être humain et surtout des femmes. Du bon vieux porno de mon adolescence qui n’avait rien de bien méchant, nous sommes passés au porno poubelle ultra violent. Ou alors à ce porno chic qui, sous son clinquant friqué, nous invite à chaque coin de rue à un acte sexuel imaginaire qui nous laisse en bouche un goût amer de frustration. Les sexes et les corps sont commercialisés, un objet de consommation identiques à une voiture, un téléphone ou une serviette périodique. Cette surconsommation sexuelle nous fait vivre dans un fantasme perpétuel et nous perdons toute notion d’érotisme et de sensualité, de séduction. Nous vivons notre vie sexuelle par procuration. Nous n’avons rien résolu de notre misère sexuelle. Le sexe reste triste quand il n’est pas glauque. L’amour n’y résiste pas. Tout cela est terriblement frustrant. Et de la frustration naît la violence. Nous sommes bien loin du “faites l’amour pas la guerre” de ma jeunesse.
Il est temps de changer d’optique. L’épanouissement n’est pas synonyme d’orgie, de poitrines énormes, de phallus monstrueux, de l’absence absolue de limites, du tout et surtout n’importe quoi est permis. Il est temps de comprendre enfin que cette révolution n’a pas eu lieu et qu’elle ne peut pas avoir lieu. Si elle a fait tomber quelques tabous, elle a créé un nouveau conservatisme. Elle a inventé des normes certes nouvelles mais pas obligatoirement émancipatrices quand elle nous parle du vrai orgasme ou de la bonne fréquence des rapports sexuels (tyrannie de la performance), de corps parfait (une véritable dictature).
Oui, il est grand temps de changer de point de vue. L’être humain n’est pas une bête de sexe. Le sexe est la plus belle, la plus agréable et la plus efficace voie d’évolution d’un individu. Et comme nous le verrons dans le prochain article, cela n’a rien de révolutionnaire. Ce n’est qu’un cheminement de développement personnel. C’est ce que nous dit le Taoïsme depuis des millénaires.
F.d’Alayrac
mercredi 7 juin 2006
Moi aussi j'ai un rêve
Oui, la révolution sexuelle a été, comme la plupart des révolutions a été un échec retentissant. Non, rien a changé vraiment, on est revenu à la case départ en pire. la révolution sexuelle me fait penser à la révolution culturelle de Mao. C’était d’ailleurs à la même époque et nos révolutionnaires agitaient à l’envie le petite livre rouge et les pensées de Freud.
Le couple était devenu une réminiscence bourgeoise archaïque, le sentiment amoureux une ignominie. On a tout détruit mais pour le remplacer par quoi? Rien. Seule une liberté de parole et d’action qui conduit à des monstruosités.
On a rien changé. C’est toujours le règne du mâle. La libération de la femme, ça me fait rigoler. Nos féministes, distinguées chiennes de gardes, me font rire. Elles ne sont pas devenues plus libres. Elles sont devenues des hommes au moins par l’esprit, l’agressivité, le goût du pouvoir, le culte de la force, le carriérisme. Elles ont conquis le droit de faire la guerre et établi un nouvel ordre moral qui ne vaut pas plus cher que l’ancien.
Les relations entre les deux sexes? Nous sommes passés de la domination / soumission à la méfiance, à la peur, aux tribunaux des bonnes mœurs. On est bien loin des cours de l’amour du Moyen Âge!
Le Sexe? Une obsession angoissante, une marchandise hors de portée, une source de névroses. Quelle tristesse!
L’Amour? Une pauvre aventure sur laquelle on parie sur l’éternité alors que tout le monde sait bien que l’Amour n’est pas éternel. On se marie, on fait des enfants, on achète une maison et devant la T.V. on oublie de faire et de vivre l’Amour. Quelques fois on divorce, on se sépare dans le lamentable naufrage de la haine. Ou on reste ensemble à cause des gosses!
Trente ans après la révolution sexuelle que de lendemains qui nous chantent... le grand air de la gueule de bois!
Alors oui, moi aussi j’ai un rêve. Je ne crois pas et depuis longtemps à la révolution. Mais je crois en l’être humain et en sa perfectibilité. Je crois qu’il possède une formidable énergie pour se transformer. Qu’un être humain se transforme en HUMAIN et le monde en sera changé! Cette énergie on l’appelle énergie vitale, énergie de base, libido, énergie sexuelle et j’en passe. Cette énergie c’est le Sexe. Tout simplement. Le Sexe qui est la graine quand l’Amour est la fleur née de cette graine. Et cela est possible. Par quelques idées simples.
- Ne confondons pas désir et sentiment amoureux. Dire “je t’aime” dès le premier soir est une vaste hypocrisie. Il est plus juste, plus vrai de dire “je te désire”. Et cela est déjà très beau en soi. Le désir est beau, magnifique. Superbe le sexe d’un homme qui se dresse, superbe le ventre d’une femme qui s’ouvre. Superbes deux corps qui fusionnent dans la recherche du plaisir, le sien et celui de l’autre. Superbes leur repos après l’orgasme partagé. Attardons sur le désir. Et puis ensuite, peut être pourrons - nous le sublimer. Alors la graine germera et la fleur pourra éclore. Et l’on pourra dire en vérité “je t’aime”.
- Débarrassons - nous de ces vieilles lunes que sont la morale et la vertu.
“Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulu le premier, dans sa stupidité,
S’éprenant d’un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l’amour mêlé l’honnêteté.” Baudelaire
Rien n’est bien rien n’est mal entre deux êtres qui se désirent et encore plus quand ils s’aiment. Seul le plus profond respect de l’Autre dans son intégrité et sa liberté. Le reste ne serait que fariboles inventés par les censeurs de tous poils si ce n’était pas source de frustrations, de névroses, de mal être, d’agressivité.
- Sans ne jamais revenir à un ordre moral que je déteste, n’étalons plus le Sexe comme une marchandise ou un objet d’étude, une obligation de performances. Faisons le, vivons le, chacun / chacune à sa façon, selon ses goûts, ses orientions, ses désirs. Il n’y a pas de règles si ce n’est celles de la Nature. J’y reviendrai ultérieurement. Cela mérite un article particulier.
- Conservons donc au Sexe et à l’Amour entre deux êtres leur part de mystère, d’inconnu. Pour préserver ce qu’il y a de plus précieux en chacun d’eux.
- Enfin, et c’est cela le plus important, là est vraiment le secret de notre transformation. Laissons parler désormais notre animus et notre anima. Que les femmes expriment leur partie masculine et que les hommes cesse d’étouffer leur partie féminine. Que l’on arrête de tout baser sur ces valeurs masculines qui conduisent régulièrement l’humanité à la catastrophe. Les mâles sont - ils dispensés de tendresse, de douceur, de faculté d’abandon à l’autre? Que le monde ne tourne plus autour du divin phallus et de son érection. Que dans l’Amour les hommes deviennent eux aussi passifs et les femmes elles aussi actives. La loi de l’alternance du yin et du yang, c’est à dire l’équilibre de la Nature, sera respectée. Et le monde ne s’en portera que mieux. Pour l’instant il ne fonctionne que sur un mode yang. Cela demande une véritable révolution intérieure que chacun doit mener individuellement. C’est, j’en suis convaincu, la seule voie pour sauver notre pauvre humanité du désastre intégral.
Oui, moi aussi j’ai un rêve. Je rêve d’une humanité revenue à l’âge d’or entre les deux sexes. Si tant est qu’il est existé un jour. Et puis s’il n’a encore jamais été, débrouillons nous pour qu’il vienne. C’est une urgence.
Et ce n’est pas en théorisant les choses que l’on y parviendra. Ce serait refaire l’erreur de la révolution sexuelle. Ce n’est pas en créant de nouveaux dogmes, sous l’oeil de la science, enfin de ce que l’on appelle la science. Non. C’est par la poésie, la peinture, la musique... par l’art qu’on lancera au cœur des hommes et des femmes un appel non point à la raison mais à l’émotion pure, véritable énergie de transmutation du plomb en or. Le Sexe comme pierre philosophale et les artistes comme des alchimistes.
Beau rêve non? Utopique, naïf? Et alors, on peut rêver!
F.d’Alayrac
jeudi 23 novembre 2006
MESDAMES ET MESSIEURS LES CENSEURS I
MESDAMES ET MESSIEURS LES CENSEURS I
Mesdames et messieurs les :
religieux et religieuses de toutes obédiences,
moralistes laïques,
tenants de l’ordre moral,
défenseurs des valeurs sacrées du travail, de la famille, de la patrie,
philosophes , psychiatres, psychanalystes, psychologues, biologistes et autres savants austères à la vue étroite limitée au seul champ de votre pseudo science,
Sachez que :
L’érotisme n’est pas une science et contrairement à ce que vous pouvez croire :
il ne se met pas en équation,
il n’est pas analysable en laboratoire fut - ce de nos deux petits génies en la matière, Master et Johnson,
il n’est pas soumis aux lois humaines, lesquelles sont à géométrie variable selon l’air du temps et du lieu.
Et je considère moi que vous êtes tous et toutes responsables de nos frustrations, de notre mal de vivre, de notre malheur. Cette pornographie que vous dénoncez, c’est vous qui la créez. Dans une vulgarité commerciale vous ne produisez que du laid sous couvert d’érotisme et de liberté d’expression. Vous êtes coupables de toute forme d’agression sexuelle qui alimentent notre presse qui en est friande. Les délinquants sexuels sont des monstres que vous avez engendrés. Vous osez admirer Sade et Masoch. Vous appelez écrivains des gens qui noircissent des pages de leur perversion. Je pense à ce livre relativement récent “La vie de Catherine M.” Mais c’est un exemple, il y a tant d’autres! Quel intérêt que de lire qu’elle a baisé, on ne peut pas appeler ça faire l’amour, dans tel lieu, telle position, avec tel individu et à combien. C’est aussi triste, aussi lamentable que les sex shop de la rue saint Denis devant lesquelles meurent de tristesse, de maladie et de toxicomanie ces pauvres filles importées d’Afrique ou de l’Europe de l’est.
Vous êtes coupables de l’asservissement de l’être humain à ses frustrations et aux névroses qui en découlent, parfois jusqu’à la perversion la plus abjecte. Mais c’est votre fond de commerce. Les proxénètes ne sont pas seulement ceux qui mettent les filles sur un bout de bitume. Vous êtes les proxénètes de l’humanité toute entière car vous faites votre pain quotidien sur sa misère sexuelle, et avec délectation en plus!
Et vous osez vous targuer d’humanisme, de compassion et de vertu! Hypocrites!
Mais qu’avez - vous donc fait d’Éros?
D’Éros vous avez fait Thanatos. De la Vie vous avez fait la mort. Vous êtes coupables de crime contre l’humanité. La pulsion sexuelle ne nous pousse plus vers l’autre pour le sublimer mais pour le détruire, pour nous sublimer mais pour nous détruire, meutriers et suicidaires tout à la fois. Car vous avez inversé notre puissance créatrice en une force destructrice et auto destructrice d’une puissance bien supérieure à toutes les bombes atomiques réunies.
Vous n’y voyez qu’une énergie de procréation. Croissez et multipliez vous! Faites des enfants et qu’importe si vous en faites bien plus que la planète peut en nourrir! Ils mourront de faim. Le véritable problème écologique c’est bien la surnatalité. Plus on enfante, plus on doit produire. Plus on produit, plus on pollue. La boucle est bouclée. Le vieux slogan biblique a un tout autre sens. Il n’a jamais voulu signifier devenez des stakanovistes de la reproduction, mais développez - vous, progressez vers la réalisation de vous - mêmes.
L’érotisme est la grande force créatrice de la Vie. C’est une force de réalisation, de sublimation de soi, de dépassement car force et source d’inspiration artistique. L’art est le propre de la nature humaine, son essence même et vous condamnez Baudelaire et Courbet. Au hasard. Ou alors pour vous en sortir sans passer pour d’horribles bigots, ce que vous êtes, vous les recouvrez d’une savante analyse intellectuelle, poussière mortelle qui tue l’oeuvre et le créateur. C‘est du terrorisme de la pire espèce. Vous vous rapprochez ainsi de tous ceux qui après avoir brûler les livres ont brûlé les écrivains, dignes héritiers des Torquemada et autres pourvoyeurs de bûchers qui illustrent l’histoire.
Moi, le poète, je revendique la liberté de l’aimer, du jouir et du créer.
Vieux slogan de post soixante huitard attardé? Non! La liberté sexuelle de ces années là ne fut qu’une vaste escroquerie qui tournait souvent à la dictature du jouir à tout prix. C.f. l’autre article consacré à la révolution sexuelle sur ce blog.
Cette sainte trinité est la combinaison de trois absolus :
l’Amour,
la Passion,
la Vie.
L’érotisme n’est pas un ensemble de pratiques, voire de techniques sexuelles. C’est un idéal de Vie que je revendique haut et fort, contre l’intégrisme, le puritanisme, la bigoterie, contre le retour en force de l’ordre moral, ou leur corollaire, la vulgarité pornographique. Parce que je crois en l’Homme, au Vrai, au Juste, au Bon, au Beau. Parce que je crois que tout destin humain tend naturellement à réaliser le Vrai, le Juste, le Bon, le Beau. Parce que je crois que cela contribue à changer la face du monde. ’érotisme transcende toute notion de sexualité telle que nous l’entendons étroitement, et il atteint le sacré. C’est un phénomène ’auto création et de création de l’homme dans sa globalité, c’est à dire dans ses trois dimensions physique, psychique et spirituelle.
L’érotisme est culture de Vie, culture de la Vie. La Vie ne peut aller que dans le sens de l’évolution. Vivre c’est évoluer. Toutes les Traditions le reconnaissent comme une voie de réalisation de soi, de développement personnel, voire spirituel. Cultiver l’érotisme, c’est cultiver un art de vivre avec soi, avec l’autre avec l’humanité, avec la Création, art de vivre commun à toute la Création. Il suffit de regarder la Nature. Partout, dans toutes les espèces tant soit peu dotées d’intelligence, ce n’est que parade amoureuse. S’il ne s’agissait que de reproduction, il n’y a aurait sans doute pas besoin de tant de manières! Reproduisons nous et n’en parlons plus. Au but, tout de suite et basta! Mais non. La Nature elle - même a voulu que cela devienne un art. Elle a fait de l’acte sexuel une oeuvre d’art. Accouplement de libellule, parade nuptiale d’oiseaux, cour du lion à la lionne, tout est d’une beauté à couper le souffle. Et dire que certains osent prétendre que l’érotisme est bestial! Quelle blague! Où est donc la beauté dans leurs tristes et furtifs coïts. L’érotisme est beau parce qu’il est au cœur de la Nature et que la Nature est belle. Les animaux ne l’ont pas oubliés. Il faut être un humain pour l’oublier. L’animal se laisse aller à cette ivresse du jeu de séduire et d’être séduit, de se découvrir du bout de doigts, du bout des lèvres, de dénuder et d’être dénudé, de découvrir l’autre et d’être découvert avant de sentir enfin ce corps tant désiré contre le sien. L’être humain a lui aussi ses parades amoureuses. Pourquoi ne les joue - t - il pas plus souvent et mieux? D’autant qu’il n’y a pas de règle, pas de loi. L’érotisme n’a pas de règle mais il a des lois. Mieux, l’érotisme est l’une des lois fondamentale de la Nature. Il participe au jeu immense et infini des forces qui régissent notre univers dans une perpétuelle création et re - création. Tout ne peut se passer que dans la liberté, la spontanéité.
L’érotisme est joie humaine fondamentale donc par définition pacifiste. La joie de déclenche pas de conflit. Il ne peut donc être vécu que par des êtres pacifiés, réconciliés avec eux - mêmes et avec autrui, heureux de vivre. Simplement parce qu’il est source d’amour et d’amour universel, osons le dire. Observons un peu la Nature. Elle est par définition même érotique. Car la Vie est érotique, engendrée, animée et régulée qu’elle est par la grande force sexuelle universelle. Ne pouvons - nous pas être transportés par la simple beauté des choses, fille de cette énergie? Ne pouvons pas respecter, c’est à dire ne pas porter atteinte, et aimer, cette beauté transcendante? Et tout ce qui tout existe, animé ou inanimé, est porteur de cette beauté. Nous ne pouvons qu’aimer la Création simplement parce qu'elle est belle. En cela nous pouvons dire que l’érotisme nous ouvre à l’amour universel.
L’érotisme est une fête sans rime ni raison. Elle n’a de compte, de justification à rendre à personne. C’est la fête de la liberté, dans la générosité, le partage et le respect de l’autre. Il nous apprend à aimer sans jamais les craindre le visage, le corps, le coeur et l’âme de l’autre. Quelqu’en soient les différences. Le racisme, la haine, la peur, la violence en sont exclus au profit du bonheur.
Alors participons à cette fête immense et perpétuelle qu’est la Vie! Cela nous évitera sans doute de nous entretuer. La face du monde en sera changée. Non?
F.d’Alayrac.
mercredi 2 mai 2007
L'UNION DU FÉMININ ET DU MASCULIN
La Force vitale fonde et actionne l'Univers selon les mouvements alternatifs intangibles du Yin et du Yang. Du point précis de leur fusion procèdent tous les êtres vivants sans exception, du plus simple, l'unicellulaire, au plus complexe, l'Homme. Elle assure l'apparition, la croissance, la décroissance, le maintien et la disparition de toute forme de Vie. Ainsi, chacune des dix mille formes ente le Ciel et la Terre participe aux processus vitaux. Chacune d'entre elles, particule yin ou yang de l'Énergie universelle, y participe selon des rites propres à son espèce. Ces rites ne sont qu'une expression particulière des mouvements fondamentaux du Yin et du Yang selon la Loi d'attirance / répulsion mutuelles, laquelle Loi tend à la réalisation de leur union au sein du grand Mouvement vital. Il n'est donc au sein de la Nature qu'une seule et unique activité dans laquelle sont immergés tous les êtres vivants, le grand jeu de l'union du Féminin et du Masculin que l'on appelle généralement union sexuelle. La simple observation permet de constater que partout et en toutes saisons, ce n'est que parade amoureuse. C'est le mariage du cheval et de la jument, de l'abeille et de la fleur, de la brebis et du bélier... Quelqu'un a dit que l'Univers n'est qu'une vaste orgie. C'est manquer là de trop de poésie. Il ne faut donc pas croire qu'il ne s'agit ici que de reproduction. Si tel était le cas, il n'y a aurait sans doute pas besoin de tant de manières! Reproduisons - nous et n'en parlons plus. Au but, tout de suite et basta! Si force nous est de reconnaître que l'activité principale des êtres vivants est la recherche de l'autre sexe pour se reproduire, celle - ci se déroule dans un ballet perpétuel de la séduction. La Nature, spontanément créatrice ne peut, et depuis toute éternité et jusqu'à la fin des temps, faire de l'acte sexuel une œuvre d'art, mise en scène du désir réciproque, dans l'ivresse du jeu de séduire et d'être séduit et de la fusion créatrice de deux amants. Je dis bien de deux amants. Tous les êtres vivants participent allègrement à cette union universelle généralisée du Yin et du Yang, du Féminin et du Masculin. Une seule et même Force les poussent irrésistiblement l'un vers l'autre sans qu'ils n'y peuvent rien. Unis par cette Énergie, ils sont les parties opposées et complémentaires, indissociables, d'un Tout qui les transcendent tous sans exception. En ce sens la Nature est profondément érotique. Elle est profondément érotique parce que c'est elle qui a inventé les jeux de l'Amour, ce que l'on appelle Érotisme, qui ne sont certainement pas des jeux de hasard. Au contraire tout est y parfaitement réglé selon des lois précises immuables. Rien n'y est du fait d'un simple hasard. Accouplement de libellules, parade nuptiale d'oiseaux, cour du lion à la lionne, de l'Homme à la Femme, tout est d'une beauté transcendante à couper le souffle. Contrairement donc à ce que l'on croit généralement l'Érotisme, n'est pas une invention humaine. L'Érotisme, c'est l'âme même de la Nature. C'est la Vie elle même, dans sa plus belle expression. Et nous touchons ici, entre Ciel et Terre, à la racine même du Sacré, au Sacré lui - même.
L'Homme, quoiqu'on puisse en dire parfois, n'a finalement d'autre destin que de participer joyeusement à ce grand jeu universel du Féminin et du Masculin, comme tous les autres êtres vivants et suivant des rites qui n'appartiennent qu'à lui. Cependant, sur ce plan là aussi, il est encore une créature à part. En effet, les animaux sont soumis à une codification de leurs rites amoureux à laquelle il ne leur est pas possible d'échapper. Autant que l'on sache d'ailleurs, ils visent essentiellement à la reproduction. Il est intéressant de noter du reste que que plus le degré d'évolution de l'espèce est élevé plus les rituels de séduction sont complexes. Plusieurs choses distinguent l'Homme du reste de la Création. Tout d'abord, il est doué d'imagination. Il peut donc varier à l'infini toutes les partitions des jeux de l'Amour et en inventer de nouvelles. Il ne se contente pas de copuler pour se reproduire. Il y recherche aussi, et surtout, le plaisir. Depuis la plus haute Antiquité il a toujours recherché les meilleures méthodes contraceptives pour jouir en évitant de faire un enfant. Enfin, il peut hisser le Sexe à sa dimension la plus élevée, l'Amour et ainsi se transcender lui - même. Les traditions orientales d'ailleurs, Tantrisme et Taoïsme, ont fait de l'Énergie sexuelle une des voies de développement et de réalisation de soi, contrairement aux religions occidentales qui la condamnent sans appel.
Les religions qui pour la plupart interdisent la pure jouissance à leurs adeptes sont criminelles. Elles les amputent, à mon sens, de ce qui fait leur humanité. Où sont la Vie et sa beauté dans de tristes coïts qui ne laissent qu'un goût de frustration, source d'angoisses et de névroses? Où est la joie dans la continence forcée qui rétrécit le champ de la conscience? Où est le simple plaisir de vivre sous une ceinture mentale de chasteté? Faire l'amour, jouir, sont une nécessité naturelle à laquelle souscrivent toutes les créatures vivantes. Il n'y a donc aucune raison valable que l'Homme s'y soustrait. Il n'y a pas d'opposition entre satisfaction sexuelle et développement de soi, bien au contraire. Le plaisir sexuel en est une condition sine qua non.
Il nous faut absolument devenir conscients que les relations entre Femme et Homme ne pourront pas se pacifier que s'ils modifient leurs conception et donc leur pratique de la sexualité. Tout se joue au lit, le populaire a raison. La sexualité humaine ne peut pas être résumée à une simple affaire d'organes et d'hormones. L'acte sexuel n'est pas un simple processus bio - chimique. C'est une source de bonheur infini, euphorisant naturel indispensable au bien être des individus. L'activité sexuelle est naturelle et doit être pleinement accomplie hors des des lois morales, religieuses, philosophiques, des normes sociales. La Nature est amorale. En son sein, il n'y a que liberté et spontanéité dans le cadre de ses règles immuables dont le respect assure santé, équilibre, harmonie, longévité, bonheur, développement, et la liste n'est pas exhaustive. Et sans doute est - ce en partie à travers elle que l'être humain peut réaliser son destin. C'est avant tout une expérience de Vie qu'il est impossible de décrire mais qui est sans doute possible la plus forte, la plus belle de toutes qui nous soit donné tant nous y participons à l'union du Ciel et de la Terre, du Soleil et de la Lune, de la nuit et du jour et cela à l'infini dans le gigantesque et perpétuel orgasme universel. C'est une expérience méditative qui peut transcender la conscience. Cette douce et violente attirance de deux corps et de deux esprits esprits l'un pour l'autre, doit être l'objet de tout nos soins et de tout notre respect quand elle brûle les ventres et nous pousse hors de soi vers l'Autre.
Comme le dit joliment Osho Rajneesh, le Sexe est la graine et l'Amour est la fleur. Ou encore, le Sexe est le plomb et l'Amour est l'or, la pierre philosophale étant là encore le cœur humain. Celui ou celle qui n'est que sexuel ne peut pas aimer. Son amour est un simulacre, une exploitation de l'Autre pour son plaisir. Au cours de l'union sexuelle nous pouvons jouer cette cette merveilleuse partition à quatre mains pour transformer le Sexe en Amour. Selon les règles taoïstes anciennes, la Femme et l'Homme ont chacun leur rôle à jouer dans cette transmutation des Énergies yin et yang. A l'Homme de maintenir son excitation le plus longtemps possible sans rechercher son plaisir immédiat sans crainte de perdre sa précieuse érection que de toutes façons, il retrouvera. Dans toutes les confidences féminines que j'ai pu recueillir, cette angoisse de l'érection nuit au plaisir féminin qui a besoin de bien autre chose qu'une simple érection / pénétration pour exploser. Trop concentré sur son phallus, il perd toute attention au plaisir de sa partenaire. Persuadé ne plus pouvoir jouir s'il n'a plus d'érection, il se dépêche d'éjaculer, confondant au passage éjaculation et orgasme. Dès le début de l'acte sexuel, il doit maîtriser son impatience, contrôler son envie de pénétrer sa partenaire et de jouir tant qu'elle - même n'est pas avancée sur le chemin de son orgasme. Il doit savoir qu'elle met plus de temps que lui à atteindre la jouissance. La Femme, elle, doit prendre conscience non seulement de ses organes sexuels, mais aussi de toutes ses zones érogènes et au delà avoir un rôle d'éducatrice. Les textes anciens mettent constamment en valeur ce rôle d'instructrice. Je vous renvoie "Au sublime discours de la fille de candeur". Et je suis persuadé que l'humanité a fait un pas de géant sur le chemin de l'évolution, lorsque la Femme a appris à l'Homme qu'elle était elle aussi capable de plaisir et comment il peut lui en procurer. C'est ce j'appelle le passage de la sexualité du pithécanthrope à celle de l'homo sapiens.
S'unir physiquement et régulièrement à l'Autre, c'est s'en imprégner et réaliser l'union du Féminin et du Masculin, l'union réputée à tort impossible de l'eau et du feu, confiants et sans crainte vis à vis de l'Autre, sans intervention de l'ego, sans rien rechercher de particulier, dans un processus d'échange qui nous met à l'abri de tout déviationnisme psycho -sexuel, origine de la plupart de nos maux physiques et psychiques car les problèmes et les complexes sexuels disparaissent, les relations entre physique, mental et spirituel s'harmonisent.
Quand le Sexe a été transformé en Amour, l'acte sexuel est un moyen de s'élever mutuellement mentalement et spirituellement. L'Homme est le Ciel yang et la Femme la Terre yin. Comme le Ciel couvre la Terre et la fertilise, l'Homme couvre la Femme et la féconde. Comme la Terre accouche du Ciel, la Femme accouche de l'Homme. De là naissent les Dix mille êtres. Et je ne me limite évidemment pas ici au seul domaine de la procréation. Je ne me situe même pas sur ce plan là. L'acte sexuel est destiné à une très haute fonction que ni science ni médecine ne pourront probablement jamais découvrir, quantifier, analyser en laboratoire. Et pour ma part, c'est tant mieux que ce mystère reste inexpliqué. N'en déplaise aux Masters et Johnson de tous poils. Je veux dire en cela qu'en donnant naissance aux Dix mille êtres, nous renaissons à nous - mêmes, nous faisons renaître l'Autre à lui - même. Car lorsque le Féminin et le Masculin s'unissent dans et pour une réconciliation sans arrière pensée, l'Homme et la Femme n'y sont plus que le catalyseur des énergies de l'Autre, dans une transformation réciproque et un engendrement mutuel, dans l'alternance harmonieuse de la croissance / décroissance de l'Un et de l'Autre. Dans un processus de création et de re - création de soi, les polarités s'inversent. Se stimulant l'un l'autre, le Masculin devient le Féminin et le Féminin devient le Masculin dans l'opposition et la complémentarité, immergés dans le mouvement universel du Yin et du Yang universels.
L'orgasme n'est plus alors un banal plaisir de la chair mais il atteint une autre dimension. Il est infiniment plus valorisant pour l'individu. Il est bien plus puissant et disparaît le célèbre post coïtum aninalus tristus, cet état de fatigue, voire dépression qui succède trop souvent à l'explosion violente mais brève de l'éjaculation. L'expression "faire l'amour" prend alors tout son sens car il y a eu véritablement échange, partage, fusion totale entre le Féminin et le Masculin. On atteint alors le point exact où le Yin et le Yang sont exactement au même niveau dans leur double mouvement de monté et de descente, instant d'inversion fulgurante des polarités. Quand ainsi au pic orgasmique, les eaux féminines se répandent tandis que le feu de l'Homme explose, nous parvenons au stade ultime de la conscience soi.
Dans le monde du vivant, l'union de la Femme et de l'Homme, l'acte sexuel humain, est la forme la plus accomplie, la plus subtile de l'union créatrice du Yin et du Yang. Une activité sexuelle harmonieuse participe sans conteste à la grande harmonie universelle. Point d'orgue de la relation entre les deux sexes, c'est une expérience fondamentale hors de l'espace et du temps, hors de la puissance de l'Égo dans la reconstruction de notre ancien androgynat. C'est en faisant l'amour que nous sommes placés dans l'ici et maintenant du Réel transcendant qui se situe et nous replace dans l'ordre de la Nature. En cela nous dépassons largement le simple cadre de la simple nature humaine copulante mais nous embrassons le Cosmos tout entier. Pratiquant l'Art de l'Amour en faisant faire appel à tous leurs sens et à leur imagination au cours de leurs parades et de leur accouplement pour parvenir à l'harmonie parfaite entre Féminin et Masculin, les deux amants sont plus que jamais au cœur de la beauté intrinsèque de la Vie, créent la beauté intrinsèque de la Vie, sont la beauté intrinsèque de la Vie. Alors qu'importent la forme des corps, leur poids, leur âge, les traces indélébiles de leur histoire etc... Ils sont beaux. Nécessairement beaux à eux - mêmes et au monde. Rien que pour cela...
François d'Alayrac
mardi 3 mars 2009
LE PAÏEN INITIÉ 1
Comme comme tout honnête païen, je suis un rescapé du judéo - christianisme et de ses avatars. J’ai grandi dans la terreur d’un dieu que l’on me disait bon et qui m’ordonnait de torturer mon corps, d’étouffer les pulsion de l’enfant pervers polymorphe que j’étais, qui allait me punir pour le moindre acte masturbatoire. Mon destin était celui d’un castrat dont famille, école, religion, travaillaient à extirper le principe dynamique même de sa nature, son énergie vitale, son essence, sa quintessence, autrement sa force sexuelle. On m’enseignait la honte, le mépris, le dégoût d’un corps, le mien, sensé porter une “belle âme, un pur esprit”, promis eux à une jouissance éternelle qui m’était interdite dans l’immédiateté de mon incarnation.
Quoiqu’il en fut, je ressentais le désir et finis par découvrir, dans mes doigts, le plaisir. J’ouvrais ainsi la porte à la bestialité de la nature. L’exploration de ma sexualité me transformait en un jeune, vigoureux et fertile animal. Je ressentais comme une brûlure sur ma peau l’érotisme violent de la Nature qui animait le minéral, le végétal, l’animal. Les pierres chauffées à blanc par l’été, le bruit du vent dans les feuilles, l’odeur puissante des bêtes, tout m’était sensualité. Je me sentais propulsé par une force incontrôlable vers le grand mystère qui se cachait sous les jupes des filles. Et quand je découvris, enfin, le secret que leur cuisses recelaient, les femmes devinrent le centre, le pivot de mon existence. Partout, ce n’était qu’images de femme jaillissantes d’un bloc de roches, de l’eau du fleuve natal, d’une fleur. Cerné par ces images de femmes organiques, orgasmiques, ma chair heureuse, radieuse ne voulait rien d’autre que de surfer sur des vagues qu’irradiaient leur vagin.
J’ai eu la chance de rencontrer de ces femmes magiques qui, actives, prennent l'initiative érotique, désireuses d'expériences pour leur seul plaisir, en dehors de toute velléité de reproductrice, ne voulant engendrer que de la volupté, considérant que tel était non pas leur destin, mais leur fonction primordiale.
Comme les antiques prostituées sacrées, ces sorcières superbes par essence m’initièrent avec patience et douceur au désir, énergie puissance de vie, antagoniste des pulsions de mort et au plaisir, porte ouverte sur la création. Dans les caresses de leur corps voluptueux et féconds, dans leurs orgasmes longs et onduleux qui venaient du plus profond de leurs entrailles, la vie croissait, s’épanouissait, décroissait, s’évanouissait pour renaître dans un cycle perpétuel. Leur entre cuisses m’était une corne d’abondance qui déversait sans compter de fertiles et vitales semences.
En jouissant en elles, je ne perdais rien mais je devenais au contraire un homme à la puissance au delà de toute divinité jetée aux poubelles des vieilles croyances inutiles et trompeuses depuis longtemps. J’avais perdu toute méfiance, toute crainte de ce phallus dont on avait voulu me débarrasser. Le vagin n’était plus ce gouffre menaçant dans lequel j’étais sensé être dévoré. A sentir, regarder, toucher, entendre, goûter leur beauté, j’atteignais des sommets sur lesquels mon plaisir était pouvoir sur moi - même, fusion avec la création dans un désir universel.
LE PAÏEN INITIÉ 2
Présente et active dès la naissance, et qui sait, déjà dans le ventre de la mère, la sexualité est une composante essentielle, nécessaire de l’épanouissement personnel. Elle impulse la maturation de l’enfant et préside à la transformation de l’être. Elle est bien plus qu’un comportement réduit à une simple génitalité. Elle est un mode de pensée, le moteur de la pensée, comme de toutes les activités minérales, végétales, animales, humaines.
Alors, aux ordures, le vieil idéal ascétique, la misogynie, la haine du corps, la condamnation de la chair et de ses exigences, le pouvoir absolu du mâle, le mépris de la femelle, le désintérêt de son plaisir! Je ne veux vivre, depuis longtemps et jusqu’à la fin de mes jours, un éros ludique, léger, solaire, dans la liberté amoureuse, la chair sans culpabilité, une égalité naturelle. Aux ordures, le vieux fantasme du corps séraphique diffusant ses effluves de sainteté, le mythe de la belle âme dans un corps d’avorton, cadavre en puissance! Aux ordures la chasteté, la continence, la virginité! Il est temps d’ouvrir les portes et les fenêtres à la vie.
Comme je ne crois ni à dieu ni au diable, je ne crois ni à l’âme ni à l’esprit. Je ne crois qu’au corps et à ses sensations. Contre le mépris de ce dernier, je prêche pour la prise en compte des sens, des passions, de la chair. La pensée elle - même émane du corps et de ses sensations. Il n’est donc pas de pensée viable dans un corps martyrisé aux sensations refoulées par ce que le grand Nietzsche appelle “l’idéal ascétique”. Note d’humour : lorsque nos compagnes prétendent que nous pensons avec notre pénis, elles n’ont certainement pas tort. Elles oublient simplement qu’elles pensent avec leur ovaires!
Prétendre que l’érotisme est l’apanage de la sexualité humaine et qu’il apporte à la pulsion une dimension morale est non seulement une imbécillité, mais aussi la preuve d’une ignorance totale de la Nature humainement recréée, en fait déformée par leurs extravagances, par les mutilés du ventre. La Nature est, par ... nature, érotique et elle n’a aucune morale. La Nature est par essence jouisseuse. Et tout ce qui existe procède, est animé par cette volonté de jouissance. Comme elle est commune à tous, je peux moi, humain, jouir avec une pierre, une fleur, un arbre, un animal, avec l’eau, le vent, le ciel, la terre. Comme avec l’une de mes semblables. Le plaisir est le même, seule change la forme. La sexualité est la modalité essentielle de notre rapport avec la Nature.
Et c’est avec le corps de l’Autre et le nôtre, autrement dit, la matérialité, que nous établissons un rapport privilégié au monde, que nous pensons le monde, que nous agissons au monde. Cela signifie que notre relation à l’Autre étant par essence érotique, notre relation au monde est, ipso facto, érotique. L’idéal ascétique, contempteur du désir, fausse cette relation au monde. Nous ne pouvons avoir de rapport équilibré au monde sans avoir une sexualité épanouie et épanouissante. Et sans ce rapport équilibré au monde, nous ne pouvons avoir de rapport harmonieux à nous - mêmes.
En ce qui me concerne, je me suis réconcilié avec moi - même et avec le monde le jour où je me suis accepté comme un être sexué, muni d’un phallus et quand j’ai simultanément accepté l’Autre comme un être sexué accueillant le phallus dont je suis porteur. Entre cette Autre et moi a pu alors se mettre en place et se développer une relation dans laquelle le désir ne m’est jamais manque mais plénitude. Il n’est pas vide à combler puisqu’il est virilité et féminité pleinement assumées et auxquelles est intégrée et assumée une parcelle de son contraire. Il n’est donc plus vécu comme une nécessité désespérante parce qu’impossible à satisfaire. Je n’ai pas à courir désespérément après ce mythique amour parfait, fusionnel, éternel, incorruptible parce que désincarné, inaccessible, source de malheur, de souffrance, de névrose. Comme d’autres leur jardin, je n’ai plus qu’à cultiver l’Art d’aimer, qui est aussi l’art de la séduction de l’Autre, élue, choisie qui m’a élu, choisi. “Le désir est la graine, l’amour est la fleur.” Il nous suffit simplement de cultiver l’Autre, non seulement différent mais parfaitement différencié, elle c’est elle et moi c’est moi. Notre seule histoire commune est la patiente, attentive et vigilante mise en scène de notre désir, de notre amour et de notre plaisir. Malgré une éducation marquée par les contempteurs du corps, du désir, du plaisir, malgré la triste pornographie ambiante, malgré le temps qui passe et l’âge qui avance, je conserve une vision joyeuse, lumineuse, du sexe et de la sexualité.
LE PAÏEN INITIÉ 3
C’est par le sexe que j’ai été immergé dans ce monde naturel dont je n’aurais jamais dû être sorti. Et n’y a rien de spirituel dans tout cela. Ou alors, c’est que l’esprit n’existe pas en tant que tel. Il n’est que l’énergie physique qui anime ma chair et par là ma pensée, énergie stimulée par les sensations ressenties par la dite chair. C’est le sexe qui m’a apporté cette sensation fabuleuse de plénitude, de la toute puissance, de la tension du bonheur, la conscience aiguë de mon corps, de ma propre richesse qui ne demande qu’à se répandre en flots d’orgasme. Mon désir suppose excès, dépense sans compter, consumation.
L’expérience de la nudité absolue de la chair, c’est à dire de la chair débarrassée de toute conception idéaliste a été une catharsis générant la honte et la gène de mon corps en désir permanent, en plaisir soigneusement recherché, cultivé. Le désir puis le plaisir crus et drus m’ont révélé l’étroitesse charnelle dans laquelle j’étais enfermé. Et j’en ai pu enfin goûté la vie de façon déculpabilisée, naturelle, j’oserai dire sans hésiter, animale. Je donne au corps son dû et je fais de la poésie ensuite. Le corps satisfait, la poésie apparaît, expression subtile, comme l’est la musique, de mon incarnation. Je l’affirme, la poésie, mais aussi la musique, la peinture et toutes les formes d’art, ne sont que l’expression de la chair désirante. La sublimation de sa condition animale dont elle ne peut être détachée. Sublimation signifiant la sculpture du désir et du plaisir, leur mise en scène. La poésie ne peut, pour moi, ne procéder que de ma chair et en cela n’être que pure et joyeuse volupté libinale, débordement volcanique de vie, vie avec laquelle je ne suis plus en guerre.
Ma virilité, comme la féminité, procède de la force et non de la violence. La force véritable n’est jamais brutale ni agressive. La guerre des sexes est close depuis longtemps. Le mauvais coup perpétré contre notre mère Ève n’est plus de mode. C’est elle qui a décidé d’ouvrir la porte de l’intelligence, du savoir charnels, malgré l’interdiction d’un dieu qui n’existait pas. Sans crainte de la colère divine, l’homme et la femme se doivent de planter ensemble une forêt d’arbres de la connaissance.
En conclusion, rendons à César ce qui est à César. Je ne suis devenu un homme que par les femmes, avec les femmes, à quelques exceptions près qui ont, sans succès, manifesté une volonté castratrice. Elles furent, pour la plupart, mes Grandes Initiatrices. En m’ouvrant leur ventre, elles m’ouvrirent les portes du monde, les portes de moi - même. Si je pouvais croire en une divinité, elle ne serait pas dieu. Elle ne pourrait être que déesse. Si je pouvais croire en cette déesse, ce serait Elle, cette Femme pour laquelle j’utilise la majuscule. Qu’Elle soit bénie de partager mon aventure et de me faire poursuivre ma croissance. Nous vivons notre amour par la chair, dans la chair, en dehors du mariage, funeste machine à fabriquer des anges, par définition asexués, mais dans un joyeux célibat partagé. Ensemble, l’existence nous est qu’occasions réussies d’ivresse. Libres dans nos désirs, nous habitons et jouant notre présent, refusant toute pesanteur. Nous faisons de chaque instant une spontanéité de grâce instantanée. Notre liberté nous ouvrent des champs magnifiques. Jamais le plaisir de l’un ne se paie du déplaisir de l’autre, de le sacrifier dans une décharge bestiale et vulgaire.
Elle est ma muse par sa chair. Je ne trouve l’inspiration que dans ses désirs, ses plaisirs, ses orgasmes.
Nous sommes des sans dieu, des païens gourmands de plaisirs, animés d’une solide volonté de jouissance, d’un grand et défintif oui à la vie.









